Lycée Jacques Monod, CLAMART
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Cours sur "Autrui"

lundi 29 janvier 2007

Cours sur "Autrui"

Le plan

I. L’intersubjectivité comme essence de la conscience

1) La réfutation du solipsisme

2) La relation à autrui comme nécessité immanente

a) L’universalité de la conscience de soi (cf. Hegel)

b) Les catégories logiques comme principes d’une évaluation commune

c) L’Amour comme reconnaissance immédiate de soi dans l’Autre

d) La liaison de l’ « être pour soi » et « l’être pour autrui »

II. La relation à autrui comme aliénation

1) Le risque de la « chosification »

2) La lutte pour la reconnaissance

III. La question du Droit et de la communauté des êtres libres

1) Phénoménologie de la liberté : la reconnaissance d’autrui comme mon semblable

2) La communication directe à autrui


Un extrait

<<... L’existence d’autrui n’a pas le même degré d’évidence que l’intuition de ma propre existence. Puisque le témoignage de mes sens est remis en cause par le doute, l’existence d’autrui, à titre de réalité sensible, comme objet du monde extérieur, n’est nullement évidente.

Par exemple, je vois passer devant ma fenêtre des hommes emmitouflés dans des manteaux et recouverts d’un chapeau. Je peux affirmer que je vois passer des hommes, mais en un tel jugement je dépasse le simple témoignage de mes sens et j’affirme plus que ce que mes sens me montrent effectivement. Je peux en effet me tromper, et rien ne me garantit qu’il ne s’agit pas d’automates recouverts de manteaux et de chapeaux.

Mes sens ne sont pas capables de faire une réelle différence entre ces deux possibilités, ils ne peuvent à eux seuls différencier clairement la présence effective d’hommes passant devant ma fenêtre de l’existence d’automates recouverts de manteaux et de chapeaux.

Cet exemple nous révèle que l’existence d’autrui, si on la situe dans le contexte du « cogito » comme certitude de soi du sujet pensant, n’est qu’une existence probable, qui ne peut avoir le même degré d’évidence que la découverte de ma propre existence.

Mon existence et celle d’autrui sont donc séparées, dissociées, par l’acte de la réflexion qui isole le sujet en sa propre pensée et exclut de celle-ci tout ce qui n’est pas lui.

En conséquence, l’existence d’autrui ne peut plus être posée que sous la forme d’un non-moi, c’est-à-dire un objet que je me représente de la même manière que les objets ou les corps appartenant au monde extérieur... >>



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